AIDE AUX MÉDIAS

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AIDE AUX MÉDIAS communautaires

Québec fait fi de ses propres directives

27 juin 2016 |Philippe OrfaliMédias

Photo: iStockEntre 2010 et 2016, ces petites entreprises de presse ont vu les sommes payées en publicité par le gouvernement du Québec et ses agences fondre de près de 90 %.

Plongés en pleine crise, les médias communautaires voient leur échapper l’une des principales formes d’aide qui leur est destinée. Alors que l’État québécois est censé investir au moins 4 % de son budget publicitaire dans les journaux, radios et télévisions communautaires de la province, ceux-ci n’ont obtenu depuis 2010 qu’une fraction de cet argent, a appris Le Devoir.

 

Depuis 1995, les ministères et organismes gouvernementaux québécois ont l’instruction d’investir « un minimum de 4 % » de leur budget en placements publicitaires dans les médias communautaires. Une manne de plusieurs millions de dollars qui leur échappe toutefois, Québec ayant raté cette cible chaque année depuis 2010.

 

L’ensemble des ministères, agences et autres organismes ont investi à peine 2,5 % de leurs budgets publicitaires dans ces médias en 2016, une part en baisse constante depuis 2011 (3,5 %). Le portrait est encore plus dramatique lorsqu’on s’attarde aux ministères uniquement, la portion de la tarte publicitaire accordée aux médias communautaires ayant chuté de 2,3 % en 2010 à 1,3 % en 2016, après un pic exceptionnel de 4,3 % en 2011.

 

L’imprimé particulièrement touché

 

Pour les journaux, la chute est encore plus dramatique, déplore Yvan Noé Girouard, directeur général de l’Association des médias écrits communautaires du Québec. Entre 2010 et 2016, ces petites entreprises de presse ont vu les sommes payées en publicité par le gouvernement du Québec et ses agences fondre de près de 90 %. « On a reçu moins de 15 000 $ de publicité gouvernementale en 2015-2016… divisés par 87 médias écrits ! » expose-t-il.

 

Directeur général de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec, Martin Bougie juge la situation tout aussi intenable pour les radios. « Il ne s’agit pas de sommes énormes pour le gouvernement, alors que pour nous, ça peut faire toute la différence. On demande à toutes les occasions que nous avons au gouvernement de respecter la règle des 4 %. »

 

Le ministère de la Culture et des Communications (MCC), chargé de l’application de cette politique, affirme qu’il « veille à sensibiliser les ministères et organismes », en « réitérant » l’importance du respect de cette règle des 4 %, qu’il qualifie de « mesure incitative ».

 

Force est toutefois de constater que la « sensibilisation » ne suffit pas, même au MCC. Pour l’année 2015-2016, peu de dossiers ont fait l’objet de placements publicitaires communautaire, reconnaît-on. Ceux-ci « ont davantage été faits dans des médias spécialisés ou des quotidiens, car ces publics répondaient mieux aux différents objectifs du MCC. Le MCC a effectué des choix judicieux en fonction de la clientèle à atteindre ».

 

Une baisse continue

 

En entrevue au Devoir, le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, s’est défendu en soutenant que son gouvernement avait« agi » pour renverser la tendance. La prédécesseure de M. Fortin, Hélène David, avait notamment écrit l’an denier à tous ses collègues du Conseil des ministres pour réitérer l’importance de respecter ce décret gouvernemental.

 

Or, vérification faite, la part de publicité achetée dans les médias communautaires a baissé de 2,7 à 1,3 %, depuis ce rappel à l’ordre. « Ça démontre la pertinence de réitérer cette sensibilisation », répond M. Fortin.

 

Il rappelle que ces 4 % ne représentent qu’une forme parmi d’autres d’appui financier aux journaux communautaires. « Cette politique est toujours nécessaire, mais il faut la voir comme un complément au soutien public déjà offert. »

 

« Spectateur » de la crise

 

Les données compilées par Le Devoir n’étonnent en rien Véronique Hivon, la porte-parole du Parti québécois en matière de Culture, qui talonne depuis de nombreux mois Luc Fortin et sa prédécesseure au sujet de l’impact pour les régions du Québec de la crise des médias. « Face à la crise des médias, le gouvernement est un spectateur, juge-t-elle. On n’a aucun signal d’un début de commencement de vision de mesures pour que les médias puissent passer à travers la crise, de la part de M. Fortin. »

 

Une étude commandée par la Fédération nationale des communications en début d’année montre que le Québec est l’un des endroits en Occident où l’aide publique aux médias est la moins élevée. L’État verse ici environ 3 $ par an et par habitant par rapport à 5 $ aux États-Unis, 18 $ au Royaume-Uni et 92 $ en Finlande.

Commentaire de Paul-Alexis François LE MONDE

Cette article du DEVOIR est très pertinent. Cependant, il serait encore plus intéressant de faire ressortir à quel point lles médias écrits communautaires sont négligés.  Des 634 060$ consacrés aux médias communautaires, les médias écrits communautaires n’0nt rçu que 2% soit 15596,12$ pour 87 mensuels. Ridicule.  LE MONDE, le seul média écrit communautaire, membre de l’AMECQ, qui dessert le Centre-Nord ,de Montréal a reçu zéro dollar en publicité gouvernementale depuis septembre 2015. Catastrophe.

Du 1er avril 2014 au 31 mars 2015, les recettes publicitaires de publicités gouvernementales de CPS se chiffraient à un montant de 12 462,48$.

 

Du 1er avril 2015 au 31 mars 2016, les recettes publicitaires de publicités gouvernementales de CPS atteignaient 5 792$.

 

De septembre 2015 à nos jours zéro dollar de publicités gouvernementales, nous a été accordé par CPS

 

On doit prendre les mesures nécessaires pour arrêter nos déficits cumulatifs qui passent de ce fait de sept mille deux cent quatre-vingt-quatre dollars à 12 858,62$ en 2015-2016 et qui risquent d’augmenter en 2016-2017 , ce qui signifierait à toute fin pratique la fin des activités du journal communautaire LE MONDE.

 

Étant donné que l’aire de distribution actuelle du journal se situe dans les quartiers les plus défavorisés de Montréal, nous parlons de Villeray-Saint-Michel- Parc Extension, Montréal-Nord du fait de leur constitution démographique composée majoritairement de ménages à faible revenus en provenance de pays du tiers-monde, nous devons avoir recours à cette mesure pour inciter les commerçants à investir plus dans le journal.  D’autre part, cette mesure répond aux exigences gouvernementales qui encouragent les journaux communautaires à augmenter leur tirage en investissant  dans les journaux à plus fort tirage.  En conséquence, nous réclamerons une aide supplémentaire spéciale du ministre de la culture et des communications du Québec. pour pouvoir augmenter notre volume ‘de journaux imprimés compte tenu de la baisse de recettes de publicités gouvernementales enregistrée en 2015-2016 et du zéro de recettes de publicités gouvernementales qui se profile à l’horizon.  Dans un scénario pessimiste où l’agence CPS continuerait à nous ignorer pour une raison quelconque, nous allons vers un déficit 2016-2017 de 11000 $ environ à un déficit cumulatif de 24000$ environ ce qui signifierait à toute fin pratique la fermeture du journal communautaire LE MONDE, un des plus anciens médias écrits communautaires du Québec qui fêtera bientôt ses 33 ans d’existence, en septembre prochain.

LE MONDE a particulièrement apprécié les commentaires de monsieur Richard Amiot de Droit de parole de Québec qui disait ceci dans une discussion entre les membres du conseil d’administration de l’AMECQ  au sujet de la situation intenable du journal communautaire LE MONDE.

 »Nous nous trouvons tous, médias communautaires écrits du Québec, face au même problème d’un aide gouvernementale en fonction uniquement du volume, sans considération des missions particulières dans des milieux difficiles, au moment même où tous les médias et singulièrement les médias écrits vivent une crise inédite de transformation totale de leur rôle. Curieusement, les propriétaires et les employés des médias commerciaux, même des grands groupes de presse (Gesca, Transcon. Québécor), font appel à une aide gouvernementale pour soutenir leur mission de produire une information de qualité que ne finance plus l’apport publicitaire se dirigeant désormais vers d’autres supports, la plupart internationaux, notamment les agrégateurs d’information comme Google ou Facebook.


Dans le cas du Monde, il faut demander une intervention financière ad hoc au MCCQ, mais nous voyons bien qu’il faudra revenir à une discussion sur le soutien financier à la mission des médias écrits communautaires dans les divers milieux. Le financement au volume de production n’est pas le seul critère, même si c’est le plus simple pour le gouvernement parce que apparemment le plus neutre ou objectif. Aider les plus riches au détriment des plus pauvres n’est pas un choix neutre ou objectif ».


Richard Amiot, membre du CA de l’AMECQ

Le territoire que dessert LE MONDE  Villeray Saint Michel Parc Extensiom Montréal-Nord bien que le plus pauvre de l’île de Montréal mérite toute notre attention.  Nous avons le devoir de mobiliser la population desservie autour de projet rassembleur comme la création du Parc De Castelnau dans Villeray, le Forum économique dans Saint-Michel et  l’aménagement de logements sociaux dans Parc Extension, le Vivre ensemble dans Montréal-Nord, le Forum économique de Saint-Michel.  Nous avons besoin des organismes comme le centre jeunesse Unie, le CHAIS, Trans Art 2000, Afrique au féminin dans Parc Extension, Conseil Solidarités Villeray, La Jarnigoine, le centre de Loisirs Lajeunesse, la maison des aînés dans Villeray.  Nous devons avoir les moyens d’épauler les actions entreprises par la maison des jeunes par la Grande Porte, Vivre Saint-Michel en Santé, la Maison d’Haïti, le CARREFOUR JEUNESSE EMPLOI, le CACISQ, l’ASAP, Ali Nestor et Évens Guercy dans Saint-Michel mais il faudra aussi que ces organismes et tous les partenaires du projet FORUM économique de Saint-Michel acceptent de prendre de la publicité dans nos pages.  Il est malsain qu’un organisme qui reçoit plus d’un million de subvention gouvernementale ne consacre que 4000$ en publicités dont zéro dans le journal communautaire LE MONDE.  Ceci démontre que nous avons une campagne de sensibilisation à faire au niveau de l’obligation légale des organismes subventionnés par le gouvernement du Québec à consacrer 4% de leur budget aux médias communautaires écrits.

Nous comptons mettre les élus fédéraux, provinciaux, municipaux de Villeray, St Michel Parc Extension, St –Léonard, Montréal-Nord et Rivière des Prairies au courant de notre situation périlleuse et leur demander de nous appuyer dans notre démarche auprès du MCCQ pour sauver LE MONDE.

 

Nous leur enverrons notre état financier et notre plan de redressement. Nous leur demanderons de prendre de la publicité de façon plus régulière dans le journal communautaire LE MONDE du Centre-Nord de Montréal. Nous demanderons des rendez-vous avec leur chef de cabinet pour leur exposer notre situation et leur demander de faire leur possible pour nous aider à continuer à remplir notre mission dans ce contexte difficile pour les médias écrits communautaires particulièrement pour ceux qui desservent des territoires comme le nôtre.

 

LE MONDE DU CENTRE-NORD DE MONTRÉAL A 33 ANS

Un journal communautaire permet de faire s’exprimer le citoyen ordinaire, ce que les journaux privés ne font pas adéquatement. Un journal communautaire ne vise pas le sensationnalisme, mais plutôt à informer la population des besoins de prévention comme aspects positifs et négatifs de la vie de sa communauté locale.

Le défi de survie est toujours grand. Nous avons besoin de votre soutien et de vos encouragements pour poursuivre ensemble notre mission.  Merci mille fois à tous les bénévoles qui ont travaillé au journal au cours de ces trente-trois années, sans eux le journal ne serait pas là. Merci.

Le journal est issu du groupe communautaire  » Le carrefour populaire de Saint-Michel ». Le groupe, qui éditait alors un bulletin de liaison, se joignit ainsi au mouvement naissant de la presse communautaire à Montréal. Le comité était alors dirigé par Monsieur André Gosselin, notre président et directeur fondateur et comprenait Messieurs Michel Carreau, Claude Mallette. Christian Rioux, ainsi que Mesdames Danielle Girouard, Thérèse Eustache et Lise Gagnon.

En septembre 1983 paraît le premier numéro de ce qui deviendra un mensuel classique aujourd’hui : Le petit Monde DE SAINT-MICHEL qui deviendra LE MONDE DE MONTRÉAL.  Les membres fondateurs ont été nommés membres honoraires à vie sous la présidence de M. Fritzner Pierre (2003)

De format tabloïde, le tirage du petit Monde atteignait déjà, à l’époque, le chiffre significatif de 10000 exemplaires. Aujourd’hui encore nous tirons 12 pages couleur à 10000 exemplaires.  Merci à toutes les personnes qui annoncent dans LE MONDE. Grâce à vos annonces, nous irons plus loin

Envoyez vos annonces à C.P. 201, succursale Saint-Michel H2A 3L9 ou par courriel à paulalexisfrancois@mensuellemonde.com

 



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