LE VODOU AYISYEN

 

Le vodou est un mot en langue Fon d’un mot Yoruba signifiant « Dieu ». C’ est une des religions traditionnelles d’Afrique de l’Ouest. Elle résulte du mélange de différentes croyances africaines, au 17e siècle, au moment de l’expansion du royaume d’Ahomey aujourd’hui appelé république du Bénin.

Comme la plupart des religions africaines, le vodou pose l’existence d’un Dieu créateur suprême, Mawou, en Afrique, Gran Mèt ou papa bon Die, en Ayiti, inaccessible aux humains, qui règne sur d’autres esprits divins Éloim,au pluriel, Elwa ou Lwa, au singulier.  Ces esprits peuvent au contraire des humains s’approcher de Dieu et doivent lui rendre compte. Il y a des règles qu’ils doivent suivre, ils doivent respecter la loi appliquée ou coutumière. Le prêtre vodou ou Ougan est consacré après avoir été initié à ces règles et ces lois.

Les Elwa ou Lwa (prononcer loi) peuvent entrer en communication avec les humains par des songes , par l’intermédiaire d’une tierce personne ou simplement en faisant entendre leur voix aux personnes à qui ils veulent communiquer un message.  Jamais de ma vie, je n’ai eu l’occasion d’être témoin direct d’un songe où un esprit africain me parlait.  Par contre, j’ai eu l’occasion de voir de mes yeux des personnes qui étaient possédés de lwas comme ce fut le cas des apôtres du Christ qui, le jour de la pentecôte, étaient possédés de l’Esprit saint et s’adressaient à des foules dans diverses langues qu’ils ignoraient complètement. J’ai eu l’occasion d’être témoin de personnes qui entendaient une voix leur dicter un message.

J’ai lu divers ouvrages sur le sujet.  Ce qui revient le plus souvent c’est qu’il y a deux catégories de prêtres vodous.  ertains servent à une main d’autres à deux mains. Celui qui sert à deux mains est capable de rendre les mêmes services que celui qui sert à une main mais, en plus, il est capable d’invoquer les esprits malfaisants.  La première catégorie de prêtre ou prêtresse va intervenir seulement dans des cas de cette dame québécoise stérile  dont je vous parlerai plus tard qui voulait absolument avoir des enfants .  La deuxième catégorie peut intervenir dans ce cas aussi mais de façon différente parfois.  Il peut demander un sacrifice humain si l’intention de la demanderesse est d’avoir un enfant dans le but de s’enrichir très vite par exemple.  La première catégorie de prêtre ou prêtresse refusera catégoriquement ce service et n’acceptera pas d’argent pour le faire. La deuxième catégorie demandera d’être rémunérée en argent ou en espèces.

Le vodou, toujours bien implanté au Bénin et au Togo, s’est exporté aux Antilles , au Brésil et en Amérique du Nord du fait du trafic des Africains de ces régions au 16e et 17e siècle, par des européens.  Ces esprits africains s’appellent parfois du même nom en Ayiti qu’en Afrique.  Legba, Danmbala et Èzili, par exemple.  Legba, selon l’écrivain Dany Laferrière est le dieu des écrivains. Il l’a dit lors de son discours d’intronisation à l’académie française.  D’autres fois, ils vont porter un nom différent en Afrique et en Ayiti.  Ils ont chacun leur spécialité, leur façon de danser,leur couleur préférée et leur goût.  Il y a des lwas qu’il faut saluer en dansant le Yanvalou, d’autres en dansant le ibo, d’autres en dansant le petro, d’autres en dansant le rithme mayi.  Cette dernière catégorie de lwas se retrouve seulement en Ayiti pour des raisons que j’ignore.

Il y a des lwas qui vivent dans les rivières, d’autres, dans la mer, comme la sirène, d’autre sous terre, comme les guede, d’autres dans le feu, d’autres dans l’air.  Ce qui vivent dans le feu ont un tempérament fougueux et aiment généralement des boissons fortes, ceux qui vivent dans l’air apparaissent souvent comme dans un tourbillon, ceux qui vivent dans l’eau feront des libations abondantes lors de leurs apparitions.

J’ai eu le témoignage d’une femme québécoise qui, incapable d’avoir des enfants s’était rendue en Ayiti pour participer à une cérémonie religieuse en l’honneur de Danmbala et Aida Wedo. Mami Wata, déesse des eaux au d’Aome, s’appelle Agweta ou mèt Agwe en Ayiti. Ebieso, dieu de l’orage s’appelle Chango en AyitiElle m’a certifié qu’en sortant de la salle, le Ougan ou prêtre vodou qui présidait la cérémonie, lui a donné la main et lui a dit exactement la date où elle allait accoucher de sa fille unique.

Le culte à Dieu des peuples africains s’est transformé de l’autre côté de l’Atlantique, notamment par l’influence du christianisme mais aussssi du fait que tout africain surpris à parler sa langue materbelle risquait des châtiments très sévères allant de l’ablation de la langue è la pendaison.  Il y a une chanson rès populaire en Ayiti popularisée par une prêtresse du nom de Sô Ann qui dit en Ayisyen:

« Tou le jou map rele bondie, bondie na somèy o, map rele bon die.»

Traduction française:

« Chaque jour, j’appelle Dieu, Dieu dort, je l’appelle.»

Avant d’invoquer les lwas, généralement, dans les temples vodous, on commence par faire appel à Dieu. On peut faire appel à un lwa seulement après avoir salué Dieu dans les quatre points cardinaux. Cela se fait , si on veut mettre du sérieux dans le service offert. D’autres vont simplement à l’église catholique pour s’adresser aux lwas rn faisant des dons de nourritures et/ou de boissons aux pauvres assis devant l’église.

Il y a eu aussi en Ayiti, l’influence de la religion que pratiquaient les ayisyens avant l’arrivée des africains amenés de force en Ayiti. Certains lwas vont dire qu’ils sont Ayisyens natifs natal c’est une façon de se démarquer dès lwas originaires d’Afrique.

Le vodou est caractérisé par les rituels de possession par les esprits, les sacrifices  d’animaux, la croyance aux morts vivants et à tout un monde d’esprits invisibles. Certains lwas vont seulement accepter des sacrifices de poule, d’autres seulement des sacrifices de coq, d’autres seulement des sacrifices de chèvre, d’autres seulement des sacrifices de moutons, d’autres des sacrifices de boeus. ces animaux doivent être tués d’une façon spéciale comme le font les arabes pour la viande halal, par exemple.  Il faut faire attention pour ne pas froisser la susceptibilité des lwas.  Il est préférable de s’abstenir d’intervenir dans ce monde par curiosité et faire appel à des spécialistes.  Attention aux charlatans.  Le résultat peut être encore plus désastreux. généralement le sacrifice se fait sur commande , lors d’une révélation.  c’est risqué d’entreprendre une action non sollicitée.  on risque ce que les Ayisyens appellent le choc en retour.

Le vodou a été formellement interdit par les trafiquants européens qui feignaient de le réduire à la sorcellerie – envoûtement par les fameuses poupées –  et à l’empoisonnement mais qui redoutaient principalement que le vodou n’alimente l’esprit de résistance des africains et des ayisyens.  Le caractère secret du culte vodou ne fit que renforcer la terreur des trafiquants européens qui exploitaient les aficains soit sexuellement ou et pour leur force de travail.  Ceci dit la sorcellerie qui existe en Ayiti a été importé par les trafiquants européens.  Quand on parle de loups garous, on parle de sorcellerie européenne.  Quand on va en Afrique et en Ayiti, il sera impossible de rencontrer des loups dans la nature mais on peur rencontrer des loups garous hérités des pratiques de sorcellerie européenne des anciens traffiquants d’africains.

Le vodou, qui a été récemment reconnu comme une religion à part entière, en Ayiti, joua un rôle déterminant dans la révolte de 1791, menée par Toussaint Louverture, qui fut précédé d’une cérémonie traditionnelle au bois Kay Iman.

La terreur inspirée par le vodou aux européens ou à leurs descendants depuis la période de trafic légal des africains s’est maintenue et trahit la mentalité profondément superstitieuse de nations qui se voudraient détentrices de la rationalité. Elle transparaît dans de nombreux films qui insistent sur la dangerosité de l’Afro-descendant vodouisant.  Souvent cela a servi de prétexte pour se débarasser de quelqu’un dans un lieu de travail ou le tuer impunément comme c’est aujourd’hui souvent le cas en république dominicaine.  Au-delà de ces préjugés, le vodou a largement nourri la culture de la Caraïbe dans tous ses aspects.  Le vodou appelle les gens à s’adresser aux autres avec respect et à surveiller leur langage.

 

 

 



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